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Cahiers de Paul Valéry
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Enfant et vieillard mêlés: sagacité, faiblesse, étourderie et profondeur, sécheresse, émotion, instabilité, mais retours incessants.

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                -->  dans la  suite d'une pensée <--

Une légère résistance, hésitation dans un cerveau fait un philosophe.

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Au lieu des antiques facultés, entendement, mémoire, volonté etc. et avant de les redéfinir - il faut faire une première classification très simple dans les phénomènes intérieurs.

Ainsi parole intérieure, mouvements ou gestes intérieurs, images ordinaires, sensations spéciales (troubles, vitesses, contrastes, divisions - - et surtout - (ceci est capital) "effets et causes" intérieurs, ou relation intérieure.  ) Ainsi je fais intérieurement telle chose pour avoir telle conséquence, mais la conséquence se produisant, il n'est pas généralement vrai qu'elle soit produite par mon acte. (  Elle peut être seulement appelée ou éveillée par lui, cependant qu'il en semble générateur et qu'il en serait générateur extérieurement. On pourrait dire: L'image intérieure d'une conséquence dont l'antécédent est image intérieure ) n'est pas toujours la conséquence de l'antécédent - ou plus vite: L'image d'une relation causale n'est pas une relation causale. (

Tout ce qui est intérieur est incoordonné.

Un corps tombe. J'imagine aussi que ce Corps tombe. Dans mon idée, alors, j'imagine séparément une chute en général, et - un corps - et il n'est pas difficile de sentir que mon état intérieur d'imaginer une chute est distinct entièrement de mon état d'imaginer un corps. On ne peut réunir ces deux choses que par un vrai artifice.


Date de création : 20-04-2003