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CNRS 3, p. 689

Cahiers de Paul Valéry
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Parmi un discours il est des mots et des parties du discours qui éveillent des images - d'autres qui excitent une attitude générale, - Celui qui reçoit un discours tend sans cesse à en faire un système complet.

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L'écoulement des phénomènes dans un certain sens est peut-être (lui-même,) un phénomène aussi particulier que l'enroulement dans un certain sens des spires d'une coquille.

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Toutes les morales reposent sur la valeur de la pensée, sur son indépendance, sa clarté, sa suite bien enchaînée, sa régularité, sa puissance...

Les arts reposent sur l'inconnu de la pensée - sur ses coïncidences en tant que merveilleuses, sa netteté en tant que rare, son développement en tant que surprenant et simple.

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L'accroissement d'un muscle par l'exercice - l'accroissement de la signification ou de la coordination automatique par l'usage - voilà deux fonctions de la même variable - et dans les 2 cas comme dans la mémoire, le fonctionnement ajoute quelque chose à la fonction.

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Il suffit de regarder un objet pendant que l'on marche pour se diriger vers lui, si on n'y met pas de résistance positive.

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L'homme excité répond plus vite et plus fort que celui qui part du repos. L'inertie du vivant est variable. Le ressort change d'élasticité et sa puissance de restitution augmente jusqu'à un certain point par le travail répété de suite.

Dans l'état de veille - il y a unité ou unification possible instantanée de tout l'être formant un système "élastique" très complexe - tandis que dans le sommeil ce même être est "dispersif" et que les excitations s'amortissent.


Date de création : 20-04-2003