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Cahiers de Paul Valéry
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Pour représenter la conscience, il faut bien penser à des lois - mais de ces lois les unes semblent tenir compte de la figure ou signification ou utilité ou objectivation ou valeur indépendante des événements de l'esprit - les autres semblent sans relation avec ces qualités. Ainsi ma pensée commence (en général) significativement et finit (en général) sans raison sans que sa fin momentanée dépende de sa nature. Et le développement d'une pensée n'est jamais simple - jamais ordonné par rapport à elle.

Il me paraît que l'accommodation (qui pour moi est une propriété générale) contrarie à chaque instant l'accommodation. Il n'y a conscience que pour une adaptation réclamée et quand une pensée commence, elle s'adapte, et quand elle finit c'est à cause d'une autre adaptation - et elle même, sa substance, sa figure, ce qui me semble unique à ce moment et réel, elle-même n'a cet aspect que pour avoir été adaptée.

[Ceux qui disent que toute pensée est superficielle, parlent d'elle comme Epiménide faisait des Crétois.]

 

Et cela fait que la pensée à son début éclatante et principale, devient dès que l'adaptation doit changer, lourde et morte, inactuelle; elle retombe de son poids dans le rien. Elle était enflée et brillante d'une énergie dont la propriété est de devoir suivre les circonstances - et qui change les peintures en présences comme un tableau regardé avec amour ou non en utilisant tous les détails pour toutes les fonctions symboliquement excitées -

Or l'accommodation peut être considérée dans son processus - comme une conduction - Toute accommodation demande du temps - Ce temps n'est pas rationné par rapport au résultat. La durée d'une pensée est l'indice de la diversité des fonctions. Le temps étant perception de cette diversité en tant qu'elle s'unifie -

Le temps est la perception d'une excitation non satisfaite - Donc généralement on perçoit cette excitation comme réitérée - (Eternuement incomplet)

                arrêt

Or lorsque une excitation ne trouve pas SA réponse, il est de règle que des réponses provisoires ou substituts soient produites -


Date de création : 20-04-2003