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Cahiers de Paul Valéry
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La première condition pour étudier les langages - c'est de se placer dans l'état où l'on devrait être pour inventer un nouveau langage - un mode de notation directement appliqué aux images - Mais les images sont elles-mêmes un langage et il faut prendre garde à cela -

Et ce que la philologie montre ne sert de rien sans cette position primitive à reconstituer.- ou plutôt à constituer - (car étudier les langages c'est justement non pas refaire - mais faire avec conscience ce qui a été fait d'abord sans trop de conscience)

..On arrive bientôt au problème suivant: le langage étant constitué par des signaux fixes en nombre fini, comment représenter les choses non signifiées de la sorte - celles qui n'ont pas de signaux? Et ce cas particulier très important: si deux états ou choses A et B analysées avec mon vocabulaire fini - se réduisent aux mêmes composants comment discerner les 2 notations? Ainsi homme et vue: l'homme voit

                     voir l'homme.

Ces 2 solutions sont indiscernables tant que l'on n'a pas découvert un moyen de rendre asymétriques les 2 combinaisons -

Ce problème conduit à la proposition, au verbe - aux auxiliaires - c'est-à-dire à l'invention d'une structure qui caractérise chaque composé. On devrait dire: composition au lieu de proposition.

Il faut examiner aussi les dérivés et composés (ainsi vox, voix, - vocere donner de la voix dans un but (appeler).

*

Dans quel état se représenter un souvenir dans les temps où il n'est pas? Quelle figure en donner?

O être interrogateur que tu fais?

       Interrogation et conscience - accroissement.

*

Un brave? - C'est un homme qui n'a peur qu'à bon escient.


Date de création : 20-04-2003