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CNRS 3, p. 639

Cahiers de Paul Valéry
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Nous pouvons subir des images qui se rapportent à quelque objet c'est-à-dire à un état général - mais il en est d'autres sans rapport unique - Ainsi l'idée ou image de discontinuité entre deux images, la perception d'intervalle ou d'arrêt, tout ce qui fait sentir le mouvement propre de la conscience se compare à bien des choses mais ne se réfère uniquement à rien.

...Parmi les réflexes psychiques il en est donc qui ont pour demande la différence, l'absence, la discontinuité -

                                       [Croquis]

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Cette parole n'est d'abord qu'un son -

Ce son est suivi d'images -

Ces images ne sont que peintures éphémères.

Réduites à elles-mêmes elles meurent, sont remplacées sans rapport etc.

Mais si je m'accommode à elles, je leur donne ma force et ma réalité c'est-à-dire que je les prends comme clef de ma distribution -

Cette propriété (de s'emparer du système général) ne dépend pas des dites images, ni de ma "volonté" mais de l'état préexistant du système, de l'époque où viennent ces images.

Les images successives sont soumises à des lois très simples et comme physiques tant que cette propriété de généralisation n'est pas suscitée.

Elles deviennent significatives, chemins, conducteurs, modèles, clefs, représentations, moteurs apparents, projections de... etc. dans certains cas - Alors, dans cet état elles produisent émotions, volitions, raisonnements, arrangements, modifications...

Il faut donc distinguer (si on parle énergie) l'énergie intrinsèque des images (si elle existe) de leur énergie de charge ou énergie utilisable. On peut même leur retirer cette dernière pour l'attribuer au potentiel du système inconnu.


Date de création : 20-04-2003