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Cahiers de Paul Valéry
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La représentation ou plutôt les ressources et réserves mentales semblent dans une certaine mesure susceptibles de modifications par des actions mentales conscientes ou manifestes - En admettant ceci il faut reconnaître que ces actions conscientes ne sont pas les seules à modifier notre substance figurée -

En notre absence, se produisent des changements que nous constaterons au retour - quand l'objet reparaîtra.

Dans certains cas cette action sourde devient presque visible - ainsi - le rêve - sorte de lumière éclairant mal un travail moléculaire - je veux dire qui n'est pas de mon ordre de grandeur - dont je vois pas le but - la ligne générale, mais seulement l'attaque comme au hasard, comme un acide mord d'abord - ici, et puis là une plaque qui me semble homogène.

Le rêve attaque bizarrement la mémoire.

Le réveil est un souvenir, un raccord - On dit ce n'était qu'un rêve [[ . Aj. sup.: Cf. ce n'est qu'un souvenir ]], on crée un règne inférieur de la conscience - une abominable parenthèse - parenthèse négligeable ou importante mais énigmatique - dans laquelle il n'y a ni vérité ni fausseté. Le vrai et le faux viennent - au réveil.

Le rêve est surprise infinie, surprisecontinue (!) On ne peut pas s'y accommoder, s'équilibrer avec lui.

 

a + b = K1

ab = K2       accommodation [?]

a1 b1 + a2 b2 +   = K3

 

                         S'éveiller = se souvenir

La mémoire est un peu comme l'oeil qui devant un grand objet tend à l'explorer, à le voir complètement par des mouvements.


Date de création : 20-04-2003