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CNRS 3, p. 621

Cahiers de Paul Valéry
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(Parfois) il m'est impossible de ne pas voir un jeu d'imagination dans toutes les sciences, et un jeu d'enfant dans leurs applications, que m'importe d'imaginer une ellipse au lieu d'un cercle et de prévoir cette marche d'une comète, que m'importe d'aller si vite et sous les eaux et dans l'air - ou de parler au loin? la vie nécessaire devient comme un rêve, et ce rêve n'est pas moins absurde, moins misérable que les autres. Et si je vais prédire le sort prochain des phénomènes, si ma mémoire est un tissu de relations exactes et comme puissantes, je m'efface je ne suis plus rien entre ma propre science toujours plus puissante et mon absurdité naturelle toujours devinée, reconnue - méprisée.

*

La mémoire comme action-à-distance dans le temps - Tout à coup hier est dans aujourd'hui - hier s'accommode à aujourd'hui - tout en le niant.

Plus étroitement on pourrait essayer de dire - action à distance entre deux accommodations ou formes incompatibles.

On répond à une excitation par une représentation - --

Comment extraire le passé du présent? - ou comment se répéter -?

Syntonisation.

 

Mémoire

Tandis que j'ai vu cet événement une fois et d'une certaine manière, après tel autre, avec telle entrée, je m'en souviens mille fois et de mille manières - j'ai toujours plus d'une chance de le retrouver.

Il ne dépend plus des mêmes circonstances - Il dépend de rien, de moi, de tout --

--> Voir p. 99 <--

                                                


Date de création : 20-04-2003