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CNRS 3, p. 613

Cahiers de Paul Valéry
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Une carte géographique exprime l'objet qui lui est - qui doit lui être semblable - Elle ne se justifie que par le modèle - Un dessin exprime de plus quelque chose qui ne lui ressemble pas. Le dessin artistique ne conduit pas à un autre dessin - tandis que l'autre conduit à un autre contour, qui est le but.

C'est pourquoi la carte est susceptible de perfectionnements déterminés - dans un sens - tandis qu'un dessin, hormis justement les fautes cartographiques, ne peut être amendé que d'une façon indéterminée -

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Considérations simples -

Quoique la conscience dans ses transformations ne puisse être directement assimilée à un ensemble d'objets ni à un ensemble continu, cette suite peut être regardée comme infinie puisque aucune perception ne semble épuiser notre faculté de percevoir [[ . Aj. marg. g.: Les tâtonnements s'épuisent, les relations - ]]. Mais cette sorte d'infinité se résout nécessairement dans un nombre fini d'éléments toujours les mêmes et dont la variété limitée permet  justement la perception.

Percevoir, c'est au fond établir un chemin qui va du terme nouvellement donné de ma suite, au terme "antérieur" qui résout le premier c'est-à-dire qui le fait dépendre d'une combinaison des éléments.

Reconnaître, relier, résoudre.

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Le réflexe ne se conçoit qu'avec l'excitabilité aveugle - multiple - Mais si la même excitation ou le même centre d'excitation émet a, b, c qui affectent plusieurs appareils il peut y avoir antagonisme ou ambiguïté de réponses -

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Souvenir et tâtonnements c'est tout l'esprit -

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La conscience y voit par l'oreille, touche par la vue, etc.


Date de création : 20-04-2003