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CNRS 3, p. 610

Cahiers de Paul Valéry
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La poésie - n'a jamais été pour moi un but - mais un instrument - un exercice et de ceci se tire son caractère - artifice - volonté -

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L'automatisme des fonctions supérieures a toujours été précédé par une époque de conscience - Je ne puis lire à haute voix sans penser à ce que je lis, que si je sais bien lire -

Mais ce que je lis ainsi absentement, peut être inédit. Donc l'automatisme est jusqu'à un certain point, novateur. Il se plie à des circonstances neuves - Cet automatisme est comme général, élémentaire -

 

Un trajet à travers fonctions supérieures - ne rencontre pas alors de résistances.

Pour la conscience il faut discontinuité devenant continuité [[ . Aj. marg. g.: Cette discontinuité provient de la division de l'être en fonctions apparentes, et des ]]. Ainsi dans le fonctionnement de la mémoire, lorsque la mémoire est consciente elle se décompose en une discontinuité qui va du présent à un point du passé et une descente continue de ce point, au  nouveau présent.

[Croquis.]

Cette discontinuité caractéristique est peu perceptible lorsque la mémoire en jeu est élémentaire, indiscernable du fonctionnement cyclique dans le présent - Alors le fait mental est perçu mais sa nature mémoriale ne l'est pas.

Si la discontinuité est imperceptible, il y a automatisme, système partiel non perçu - c'est le cas de la lecture susénoncé.

Si elle est très visible, il y a mémoire sentie comme telle et plus avant, surprise - Surprise c'est-à-dire non prévision, non adaptation différentielle - compensation oscillante,  non action à distance - discontinuité sans les moyens de passer à la continuité - donc obnubilation temporaire - état critique - Mémoire en défaut - Ne pas se souvenir a tempo.


Date de création : 20-04-2003