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Cahiers de Paul Valéry
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Il suffit qu'un homme puisse seulement penser plusieurs solutions pour rendre la foi c'est-à-dire l'unique solution, fragile.

Pour la foi il faut que l'homme ne connaisse qu'une seule solution, ignorant toutes les autres et n'y ayant jamais songé; ou bien que connaissant plusieurs solutions, il y ait pensé successivement d'une façon très inégale - avec injustice - différence profonde d'intensité, de durée, de désir, de NETTETE -- - - -- --

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Le changement n'est autre que la différence de 2 états c'est-à-dire la différence d'état de 2 fonctions - dont l'une dit A et l'autre B sur la même question ou demande. Si un son change perceptiblement, ma fonction auditive se divise donc en deux - Et de ces 2 termes l'un (B) semble dépendre de l'autre - mais non A de B - Puis la dépendance devient réciproque dans le souvenir, non dans le présent.

                              [Croquis.]

Les sens sont la clef de la conscience - [Croquis.]

Les sensations ne sont pas les excitations -

Elles ne sont pas les actes-réponses.

Elles ne prennent de place que par l'élaboration, la mémoire -

Par ces expériences ou répétitions elles sortent de l'informe, dessinent les objets.

A quoi comparer la conscience?

 

Mais en quoi réside cette dépendance -? Chacun des objets examinés séparément s'y refuse - Aucun ne peut écrire l'autre -

Le changement est comme un retard, aussi comme une modification réversible - Le changement se perçoit dans le souvenir - selon le schème suivant |A| B |A--> B| - L'opération 3 peut avoir lieu immédiatement après 2 - ou bien ne paraître qu'après un temps indéterminé. 3 forme une nouvelle unité.


Date de création : 20-04-2003