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Cahiers de Paul Valéry
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La raison n'est jamais irrésistible.

Ce qui se glisse et nous atteint au-dessous de la raison est irrésistible - car cela agit à un niveau plus bas que celui où le vouloir peut s'exercer, comme celui attaqué aux jambes sous les eaux.

Cela seul demeure aux prises de la raison et de la volonté qui demeure image simple.

Il faut que telle image n'excite pas telle région. Nulle autre image ne peut l'empêcher une fois - seulement il est possible quelquefois, de s'y prendre à l'avance et de se faire une habitude défensive - Ainsi - impuissante chaque fois, l'image (dans certains cas), finit par être efficace à la longue.

La raison est un mode d'accueillir et de traiter les idées, de les mettre à un rang selon l'expérience et les comparaisons selon leur importance connue. Mais quand l'idée agit subrepticement - comme une lame obliquement frappe le nageur - - - Il faut pour la raison des circonstances rares sinon elle parle mais elle n'agit pas - elle est enchaînée -

Elle est une liberté très rare. Le souvenir de cette liberté peut parler et commander - mais absente, il n'est rien.

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Allégorie de l'oiseau pêcheur et du poisson volant1.

 

[Croquis.]

                     *

La raison serait la libre concurrence des idées - préservée des retentissements physiques, sa marche étant déterminée.

*

Nous disons d'un événement qu'il est probable lorsqu'il résulte des données par une sorte de calcul mental rigoureux en lui-même mais dont nous connaissons la fragilité parce que nous n'avons pas pu posséder entièrement les données - Probable veut dire certain si telles conditions sont remplies.


Date de création : 20-04-2003