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Cahiers de Paul Valéry
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Tels sont les "préceptes"

Etre libre c'est pouvoir agir conformément à des idées non actuellement imposées et d'ailleurs comparées aux idées qui représentent les conséquences de l'action...

Il faut bien que ces images déterminantes soient empruntées à un temps tout autre que celui de la résolution. Il faut donc quelles se montrent a tempo -

 

On ne peut contester l'existence de cas dans lesquels nous sentons une impulsion irrésistible - ni d'autres cas dans lesquels nous nous sentons flottants. Il est également certain que la prédominance de tels cas est attribuée au caractère.

 

De plus il faut tenir ces images pour véritables et uniques interventions dans le résultat -

Inéquivalence des images? La différence des images suffit-elle à expliquer la différence de leurs effets? Oui quant à leurs effets formels - Exemple: je vois du rouge, et ce rouge insidieusement m'excite - Non quant à leurs effets significatifs.

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Malgré que l'acte extérieur m'ait échappé - je puis être encore irrésolu intérieurement.

Le remords s'oppose au libre arbitre - "Si j'avais su!" - donc ... tu n'as pas su.

La liberté absolue consisterait à pouvoir passer d'un état (total) à un autre quelconque, uniquement par le moyen de représentations, ces représentations elles-mêmes ne se liant pas les unes les autres. C'est absurde - [[ . Aj. marg. g.: Il y a des phases où l'acte est facile, et d'autres où il est difficile. En tel temps il m'est plus aisé d'agir que de ne pas agir et réciproquement. ]]

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Pouvoir contient ceci: que l'image d'une action ou d'une modification étant distinguée de cette modification - ces deux états succèdent l'un à l'autre dans l'ordre [image, action] uniformément et toujours à des époques quelconques moyennant une intervention, c'est-à-dire un fait étranger, indépendant.

Pouvoir est réciproque de percevoir. Lorsque la réciproque est rigoureuse alors il y a motilité en jeu.

Pouvoir considère donc l'idée comme double -

Si l'intervention est réduite à un temps - on a une propriété.

Si elle est attribuée à un autre individu - il y a devoir.

Si elle est attribuée à moi tout entier - le reste de mon esprit, mon caractère, élaboration, souvenir, etc. - il y a vouloir.


Date de création : 20-04-2003