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CNRS 3, p. 538-539

Cahiers de Paul Valéry
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De même que le haut et le bas sont définis par des sensations distinctes musculaires - le passé et le présent sont définis par des sensations internes relatives à la perception -

Telle chose est dite passée lorsqu'elle est accompagnée d'une certaine impression dans la perception.

Et pour enseigner à quelqu'un le sens de ce mot, il faudrait éveiller quelques souvenirs - en disant: est passé tout ce qui demande un mouvement tel que celui qui conduit [[ . Var. sup.: donne ce ]] à ce souvenir.

) Mais réciproquement tout mouvement de ce genre singulier trouvant toujours un objet ou une impression pour terme - il s'ensuit de cette double correspondance que le temps paraît continu et continûment s'écoulant -

La mémoire peut donc se fonder sur cette propriété qu'un certain changement intérieur donne toujours un objet - au moins qui lui corresponde. ( C'est ce que j'appelle le plein mental.

La "conformité" ou exactitude de la mémoire dépend de la forme plus ou moins réflexe, nette de ce mouvement [[ . Aj. marg. g.: cf. pureté                                                   netteté ]]. Plus il est gêné - automatique - plus le souvenir est probable.

Le plein mental est sans défaut quant à la mémoire élémentaire - il peut y avoir des lacunes quant à la mémoire composée - mais ces lacunes sont occupées alors par des phénomènes élémentaires, sensations de lacune -

 

Mouvement chronologique et mouvement générique ou rationnel

cf. déviations de la mémoire dans le possible et au contraire - restrictions et retours du possible au mouvement mémorial.

- Il faut distinguer soigneusement la production du fait passé d'avec sa présence au centre - Alors il n'est plus mémoire -

...Enfin - Un état complexe - quelconque - une fois devenu mémoire est lié à des excitations aussi simples que l'on voudra.


Date de création : 20-04-2003