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CNRS 3, p. 530

Cahiers de Paul Valéry
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Si pour élucider la mémoire au lieu de faire revenir ce qui a été - on suppose tous ces objets de pensée et de conscience permanents et qu'on attribue le mouvement à la perception intérieure de sorte que ces objets demeurent (dans je ne sais quel monde) fixés; monde qui peut seulement s'accroître mais non se diminuer ou s'altérer  -   et de sorte

De même que je

puis ne pas voir

l'objet qui est sous

mes yeux je puis ne

pas voir (peut-être)

tous mes souvenirs.

qu'il reste à prescrire le mouvement sur ce monde - alors ce n'est plus telle idée qui reparaît et revient, c'est moi qui retourne vers elle - -

On pourrait dire alors que les éléments devenus latéraux redeviennent perceptibles - par un mouvement particulier.

 

*

Lorsque des images ont été mal ou bien perçues mais formées - c'est-à-dire toutes leurs conditions accomplies - elles disparaissent mais ces conditions qui ont été une fois remplies - deviennent dorénavant guides ou obstacles qui pourront gêner à l'occasion le mouvement de la pensée dans une direction. Elles deviennent des restrictions - Quelquefois sans retrouver l'image on retrouve le sentiment de la restriction - d'où sensation de lacune.

Ces conditions ont consisté à subir des relations qui ont pris alors la forme demande-réponse - excitation-décharge -

Or cette forme donne en même temps un sens comme les arcs réflexes ont un sens unique - d'où le sens de la mémoire qui s'oppose ainsi au groupe total du possible.

Est significatif tout ce qui peut prendre cette forme non symétrique - cette forme - active!

En particulier aucune "idée" ou fait mental ne peut provoquer directement de sensation "correspondante", il faut passer par un chemin particulier - volonté.


Date de création : 20-04-2003