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Cahiers de Paul Valéry
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Littérature - ou la vengeance de "l'esprit de l'escalier"1

 

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Prendre conscience de telle propriété - de sa force - de sa faiblesse etc. - c'est avoir l'idée d'utiliser ou de compenser cette propriété ou cette situation. C'est l'envisager organiquement et la faire entrer dans le monde des significations, des raisons, des prévisions, des motifs nets et des instruments.

On sentait, avant ce moment, que cette chose est ainsi. Dès lors on dit: puisque telle chose est ainsi - donc - - etc.

Une connaissance comme prémisse d'une autre - d'une décision - d'un acte - d'une modification - d'une volonté - Voilà le point - Une connaissance comme excitation - On voit comme contraste - tel animal ou homme, fort et vivace, ne pas avoir l'idée de se servir de sa force pour se libérer - Ses sensations d'énergie ne vont pas jusqu'à le secourir - Cf. rêves.

 

Tout ce qui a un sens peut aussi être regardé comme n'ayant pas de sens -

 

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Equilibre vivant - on peut appeler ainsi les états pendant lesquels le système conscience, le système muscles et énergie disponible et le système coeur, souffle etc. ne réagissent pas les uns sur les autres - ou chacun sont dans un régime permanent. Noter que ces 3 systèmes sont représentés dans le système nerveux. On peut leur substituer un autre système: Energie disponible - énergie représentée - énergie utilisée -?

Dans cet état les représentations ne donnent pas de mouvements - ni les organes ne réagissent sur le cours des représentations, ne paralysent pas l'attention, ni ne la pervertissent

Les éléments simples de conscience sont inaltérables - La mémoire est étonnante en tant que retour d'éléments altérables - de groupements essentiellement altérables.

Les mêmes figures ont lieu sous des "pressions" bien différentes.


Date de création : 20-04-2003