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CNRS 3, p. 519

Cahiers de Paul Valéry
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Considérons un corps A - (une unité) -

Ce corps est d'abord entouré des circonstances C - puis des circonstances C'.

Ce sera un dérangement de A (D). Si à ce dérangement on joint l'idée du chemin C C' on aura un déplacement    . Si à    on adjoint le temps on aura un mouvement M < ce qui revient à affirmer que le déplacement n'est pas indivisible et que le même déplacement est accompagné d'une modification dans un système >.

 

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Les mathématiques ne sont pas définies par la route qu'elles suivent mais par le mode de construction de la route -

D'abord le point, la ligne, le nombre - mais ces êtres ne sont pas limités - on peut en faire indéfiniment. Une fois créés.

 

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La figure des faits mentaux.

La douleur que donne une pensée n'est pas due à la figure de cette pensée mais à la réalité que prend cette pensée et par suite à l'accommodation de tout l'être à cette pensée. Alors si cette accommodation est difficile, ou répugne, ou implique l'imitation d'un état général détestable, et si la résistance est faible - la pensée nous fait mal.

 

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L'oiseau part. Je le suis et le ressens dans l'air. En même temps que mes yeux le maintiennent, virent, montent s'écartent - intérieurement des formes musculaires m'apparaissent - je prends la force et la forme cachée de son système volant - Il faut que je ferme les yeux pour le suivre et ne pas avoir le sentiment d'une imitation impuissante.

C'est par une telle identification que je puis prédire quelque chose au sujet d'un être vivant. Sinon je ne saurais pas que tu vas bondir. Mais si je me mets dans l'état de te ressembler - alors je sens en retour que cet état est une contrainte, et que tu réunis la force d'un mouvement.


Date de création : 20-04-2003