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CNRS 3, p. 514

Cahiers de Paul Valéry
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Mon point de vue philosophique est la diversité des points de vue -

Je crois par exemple que la psychologie peut être tentée de n façons - et singulièrement en écrivant les problèmes - jusque dans leurs données d'une autre manière que la connue.

 

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Induction et déduction sont inséparables - de même que le simultané et le successif - de même que le fini et l'infini.

On a opposé un procédé et son application - opposition suggérée et perpétuée par les dénominations.

En réalité la différence consiste dans le mode ou le point d'entrée dans un groupe de transformations. Mais une fois entré, je finis par le parcourir tout entier - quelle que soit l'entrée.

L'infini se présente dès que l'on veut compter un nombre donné au hasard - alors paraît le "pouvoir compter" - l'indépendance etc.

"Infini" veut dire prolongement - c'est-à-dire fait de prolonger et non un nombre.

 

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Les faits mentaux sont froids ou chauds suivant qu'ils ne retentissent pas ou oui sur une certaine partie de l'organisme - suivant qu'ils sont réalisés ou non. Ces états ne dépendent pas directement de leur figure - Mais de l'état général; et puis des connexions antérieures - Le coeur s'accommode à la puissance (--) laquelle suit (soit en favorisant soit en s'opposant -) les incitations ou les arrêts.

Dans tel cas où il faudrait courir - les jambes sont coupées - dans tel autre où il faudrait toute la lucidité - le cerveau s'égare - balbutie désobéissance, incoordination. Parfois on sue sang et eau à gagner une bataille magique dans son fauteuil. Trop d'obéissance.

La même idée qui devrait mouvoir les jambes - semble les paralyser. La même idée qui devrait disparaître - par son irréalité - excite tout son homme et le fatigue.

La liaison du physique (général) au moral est   variable -

Economie et liberté


Date de création : 20-04-2003