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CNRS 3, p. 512

Cahiers de Paul Valéry
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Je suppose que l'idée A éveille l'idée B et que l'idée B puisse réciproquement éveiller A. (comme c'est le cas pour les mots).

On a (A --> B) = (B --> A)

Or, jamais lorsqu'une fois A éveille B, il n'arrive que (sans intermédiaires) [[ . Aj. marg. g.: sans travail extérieur ]], ce B éveille à son tour A - comme il le devrait .

Remarquons d'abord que les réflexes médullaires ne sont jamais symétriques.

La propriété que possède A d'éveiller B - ne réside pas dans A mais dans la situation générale passée - dans laquelle A et B sont liés - des corps - frottements?

Les idées n'éveillent pas des idées - mais des situations, des accommodations - des phases -

De même le souvenir n'est que des accommodations ou des coordinations et dépend de leur continuité - dans un certain domaine - Ce domaine est de la nature d'un temps - -   A.B

 

*

[Croquis.]

< On ne peut douter que de ce qui arrivera si ...>

Toutes les divinités de la psychologie, mémoire, vouloir, raison, signification ne sont que des modes de changer un certain monde dont les figures, infinies en nombre sont composées d'éléments qui se rangent en classes de nombre fini.

 

*

Si la mémoire nous embarrasse - c'est que nous sommes accoutumés à ne regarder - que ce que nous voyons! - c'est-à-dire les spectacles disparaître totalement puis renaître à un moment quelconque - se raccrochant à une partie. Cette disponibilité du passé dépasse tout étonnement. On dirait de deux mondes se suppléant et dans le second - il n'y a pas de passé.

Il faut pour le souvenir une excitation suffisante pour atteindre la coordination -


Date de création : 20-04-2003