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CNRS 3, p. 503-504

Cahiers de Paul Valéry
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Le mouvement fait partie de la pensée -

Il y a volonté si les mouvements sont de l'espèce de ceux qui ont lieu dans le monde A, s'ils ont lieu dans le monde B et si d'ailleurs, on les pense à la fois dans ces 2 mondes - c'est-à-dire si on confond A et B par un procédé d'accommodation.

La volonté est une confusion - finale.

Vouloir - penser au moyen de moteurs.

 

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Volonté observée

je vois... j'agis ou j'attends pour agir.

          je persiste,               je fournis,

je pense et décide -

je combine - me prépare.

Quelque chose devient maître des moteurs.

Je puis tracer avec mon pied une figure. Avec ma main je puis tracer une autre figure telle que toute une suite d'impressions du tracement de A, soit conservée lorsque je trace B. Cette suite est ce qu'on appelle: ligne.

 

 

Comme la parole tient d'une part aux moteurs de l'autre aux idées - elle est le moyen de la volonté intérieure (Résoudre un problème -)

On représente une ligne par ce tracé A ou B.

Mais le tracé en dit plus que la ligne - laquelle est indépendante du membre traceur, du sens de tracement - Cette indépendance est reconnue ensuite.

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En présence du simultané je tends à classer toutes les impressions partielles - je cherche par les propriétés de situation, d'intensités, de similitude, à construire une unité d'adaptation - à diviser mes accommodations différentes --

Simultané et successif sont inséparables -

Simultané et successif sont deux fonctions générales inverses qui s'emploient à ramener la multiplicité de la connaissance à une certaine unité.

Nous ne percevons la pluralité que liée et comme unifiée. Cette impression, nous la corrigeons en observant que par une modification personnelle, nous pouvons changer d'unité - et ce changement (ou plutôt l'impression qu'il nous donne) est de même espèce que son inverse.

Il y a certainement une sorte d'articulation ou d'indépendance entre la perception et l'objet subjectif de la perception.

Ainsi je vois cet objet devant mes yeux sans le voir - à ce moment la vue - en tant que perception, dépend de quelque condition non extérieure - l'accommodation externe se fait sans me servir, mais au bout d'un temps elle se défait et ne se réveille que lorsque la perception centrale se décohère.


Date de création : 20-04-2003