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Cahiers de Paul Valéry
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                --> imparfaitement <--

Le manque se comble par l'image - c'est le désir -

Ce manque est naturel ou par artifice c'est-à-dire qu'il commence soit dans la chair soit dans les nerfs.

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Autrui, ma caricature, modèle - Les deux.

Autrui, que j'immole justement dans le silence, - que je brûle sous le nez de mon âme - et moi, que je déclare et qui doit se nourrir et croître de sa propre substance re-dévorée.

Autrui que j'aime faible, que fort j'adore et brûle, que sur tout je préfère passif et intelligent... à moins que, ô rareté! et jusqu'à ce que, peut-être, un autre même, une réponse précise paraisse...

En attendant, qu'importe le reste.

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L'importance d'un objet se mesure à ceci: qu'on y pense hors de sa présence - malgré d'autres objets - et encore d'une autre façon - qu'on y pense malgré soi - ou aussi que sa présence est plus forte que toute pensée.

Il y a des "objets" tels que leur présence étouffe toute autre chose par elle-même, mais leur absence les annule très rapidement -

Ainsi les sensations fortes - D'autres objets poursuivent leur homme, le préoccupent, le simplifient. Ce sont les objets qui déterminent une excitation généralisée (ou dépression) sans limite.

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Une sensation agréable est celle qui faible nous accommode dans le sens de son accroissement et de sa durée.

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Il y a quelque chose d'enfantin chez Pascal.


Date de création : 21-04-2003