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CNRS 3, p. 231

Cahiers de Paul Valéry
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Les opérations mentales sont les transmutations ou transformations d'impressions, effectuées selon perception constante, entière - dérivées partielles de l'état donné -

de sorte que ces impressions variantes jouent le rôle de moyens pour une perception finale.

*

Fonctions ou

Variables -

 

Spécialité - non - ?

Perception

incompatibilité

 

 

accommodation presque instantanée, et celle lente mais rigoureuse - chez eux tout prend de la force.

      Parallèle -

L'un, génie, l'est par vitesse et parce qu'en un clin d'oeil, le voici habitué comme par des siècles à ce qui vient de se produire - L'autre par lenteur, par arrêt, retarde sur le commun des esprits et quand ils sont déjà en plein langage dans l'embarras de souvenirs et de mélange historique, verbal - - il hésite encore sans le savoir et regarde encore la chose telle qu'elle est; il la perçoit au lieu d'une traduction et ne traduit que purement. il s'attarde dans l'informe et en sort avec une forme nouvelle et juste - au lieu d'avoir couru aux habitudes et à l'à peu près.

 

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Il y a un moment de la connaissance, où les choses n'ont point de sens - Ce sens leur vient ensuite, mais par machine, ou bien par une sorte de liberté à qui je me fie.

 

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L'utilité du raisonnement vient de ceci: que nous ne percevons que partiellement tout ce que nous savons. Il faut donc exciter systématiquement notre savoir par rapport à une donnée, et la regarder comme une forme particulière de tout notre pouvoir - Le raisonnement me donne du pouvoir sur mon savoir pour étendre toujours mon pouvoir. Mais ceci est vrai a fortiori du langage (comme instrument de recherches).


Date de création : 20-04-2003