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Cahiers de Paul Valéry
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Le "sentiment de l'infini" invoqué si souvent autrefois par les penseurs, mystiques, poètes - le sens du pas assez, le regret de choses jamais possédées - "l'inassouvissement", le désir en soi - l'âme comme une arche qui porte à faux, comme un arbre scellé au sol semble se soulever et grandir dans le vent, tout cela - voisin des larmes, du bâillement, de l'étirement, du frappement de pied, du sommeil, de l'épuisement, - du "beau" aussi - de la stupeur - du commencement de variation des objets sous le regard et par lui seul -

Dans le "beau" il y a mille ingrédients - une surprise durable, ductile, une satisfaction suspendue, une excitation contenue, comblée, ravivée - un ravissement c'est-à-dire la direction ou le commandement du jeu cérébral subrepticement dérobé ou substitué par un "objet" -

     mouvement vers -->

B =  arrêts

     compréhension -

     simulation -

     sens de la

     correspondance

     parfaite

L'objet qui se fait suivre indéfiniment en apparence sans fin - directe

L'impression de beau n'a pas de fin rationnelle                  --> achèvement.<--

< finale >

*

Axiome de la mémoire = Tel objet aussi particulier que vous voudrez est susceptible de pluralité. On ne peut rien connaître d'unique. La connaissance implique que toute valeur qu'elle prend, elle peut la reprendre et même, la reprendre brusquement.

*

De même que cet objet A m'est )donné par des sens différents, de même un objet x (moi / homme) m'est connu intus et extra par 2 voies, l'une tous les sens etc. - l'autre par un mode particulier -

et nous tâtonnons comme l'enfant essaye de situer dans sa vue, un élément de son tact.(


Date de création : 21-04-2003