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Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 418-419 Index des Cahiers

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Un homme habile dans sa pensée la sachant naturellement irrégulière, quelconque - - La pensée a besoin d'un maître; d'un désir; d'un modèle; d'habitudes.

Sans quoi elle est comme le rêve - inutile, terrible, circulaire, niaise. C'est un groupe infini. Les ressemblances diminuent ce groupe. . . La pensée n'a aucune valeur par elle-même.

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Je crois que les systèmes les plus saugrenus viennent d'un moment juste - et d'une vérité instantanée qui a brillé et qui fut mal dite. La forme en fut presque nécessairement mauvaise - Puis trompe l'auteur même.

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Les mathématiques sont fondées sur le corps; et aussi la logique.

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L'homme dit au dieu: il faut me détruire ou me satisfaire.

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Une des conséquences de l'historisme et du scepticisme en littérature, en philosophie, est de ne plus s'attacher à la "vérité", à l'unique objet, à l'unique solution - chimères! et de ne remarquer que le "talent", "l'originalité", la force, l'usage et la rareté. Il s'en est suivi que la littérature et la philosophie sont devenues personnelles, et cela, au point que des types d'esprits se sont groupés en groupes très nombreux composés de peu d'individus, cénacles. Le scepticisme consiste à croire en soi. Sa valeur dépend de scepticisme considéré.

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Le psychique ne diffère du physique que par - la simultanéité - la coexistence - ? - la contradiction - Un effet de contraste.


Date de création : 20-04-2003