<- CNRS 3, p. 394

CNRS 3, p. 395

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 396 Index des Cahiers

$

Le vrai thème - la vraie "définition" d'une rêverie - d'une méditation - d'une pensée en général - n'est pas telle image - telle illumination - mais le mode de variation - le quid à quoi s'applique la variation qui fait le lien, et l'espèce de variation choisie.

*

S'endormir c'est oublier.

Le commencement du sommeil est oubli.

L'éveil est se souvenir -

Entre veille et sommeil il y a un intermédiaire - dans lequel les sensations sont déjà presque nulles - mais la pensée n'est pas encore rêve - Si dans cet état une sensation assez intense se produit - il y a surprise, discontinuité.

*

Le principe en matière d'observation de coordinations est que nous ne nous servons pas de ce qui n'est pas uniformément accommodé - et donc nous n'y faisons pas attention.

Si des sensations intermédiaires se produisent  elles ne sont pas retenues - n'étant pas dans le champ de l'accommodation -

Elles ne trouvent pas à se coordonner - c'est-à-dire à entrer dans la constitution du chemin adopté momentanément.

La conscience est possible à divers degrés de coordination.

L'attention est donc la persistance d'un champ d'accommodation assujettie à la conscience -   une

*

)Le rêve est linéaire - irréversible - on suit une ligne dans un sens et on ne voit pas cette ligne - Tout est présent.

Le souvenir est linéaire mais perçu  dans un espace à n dimensions: on peut voir la ligne. D'où on tire le double état de la mémoire soit linéaire, soit ponctuelle.(

Ces lignes sont non analytiques.

L'attention est un lieu géométrique.


Date de création : 20-04-2003