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Cahiers de Paul Valéry
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I. On ne pense pas à tout à la fois.

II. Mais ce qu'on pense est cependant composé, non indivisible.

III. On peut passer très rapidement d'une activité à une autre et revenir à la 1ère - dans certains cas - L'activité générale ou l'état actif paraissant distinct des objets successifs et s'y appliquer comme librement.

IV. Une suite d'états mentaux peut s'analyser de plusieurs façons. Soit de façon que les états paraissent liés indépendamment de leur nature, mais par l'ordre (X X) - Soit de façon que l'on substitue à la suite, plusieurs suites séparées dans chacune desquelles l'ordre dépend de la nature des éléments.

V. Une suite quelconque ou un état peut toujours se décomposer en éléments indivisibles, inaltérables comme les mots du dictionnaire mais non arbitrairement.

VI. En cherchant comment on ne peut pas "tout" faire à la fois on voit que tout acte est en dernière analyse la modification des parties telles qu'elles ne peuvent prendre qu'une seule valeur -

Et les actes composés, sont composition unitaire de valeurs hétérogènes -

VII. Il y a donc des activités incompatibles -

En mécanique, on peut transformer le mouvement en repos et le repos en mouvement, en modifiant l'observateur - Mais ici l'observateur est lié à ce qu'il observe - C'est le moi.

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Ce qui me caractérise, ma vertu particulière - mon don c'est presque seulement la capacité de percevoir des phénomènes subjectifs non significatifs. Je me tiens toujours en relation avec l'informe, comme degré le plus pur du réel - du non interprété. C'est comme le carrefour des métaphores - Certains ont eu ce don à un degré plus éminent - mais je ne l'utilise pas beaucoup comme moyen rhétorique - je le conserve comme état critique de la conscience.

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Compter c'est percevoir d'une certaine façon.


Date de création : 20-04-2003