<- CNRS 3, p. 354-355

CNRS 3, p. 356

Cahiers de Paul Valéry
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L'attention comme condition de la clarté -

Cf. Descartes Principia p.271

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Les plus grandes clartés se font en quelque sorte, et dans un demi-jour mental.

Métaphores - lumière, clarté, netteté - accommodation

Il y a donc une classification importante - celle des idées claires et distinctes - et celles non telles - Mais cette distinction est purement subjective -

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Le Français actuel est dénué d'esprit politique - incapable de liberté et d'autorité - sans grâce - sans abondance - sans desseins, sans idoles c'est-à-dire sans force, sans opiniâtreté - Il se laisse flatter ce qui est très humiliant. Il ne garde que les plus mauvaises parties du souvenir - Débraillé et imitateur par manque de traditions - il ne veut rien supporter sur le moment - et porte tout par la suite - Aucun parti ne veut rien accorder à l'autre, ni raison ni pouvoir -

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On peut dire paradoxalement: il est des états où des choses conscientes ne sont pas perçues - Etats à parties informes -

C'est quand il n'y a pas opération sur les données -

La perception dans ces états est comme libre de s'exercer ou non -

On voit des lettres sans lire. Il y a sensation. il y a même des connexions, il n'y a pas de réponse.

Chose remarquable - ces données qui demeurent superficielles, froides, peuvent entrer dans la mémoire - On peut retrouver dans sa mémoire des éléments inaperçus à leur entrée.

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La connaissance ne comporte que les fonctionnements intermittents.

Elle ignore ce qui marche sous un régime permanent.

Elle connaît 1° La plupart des fonctions intermittentes

            2° Les fonctions permanentes troublées

Toutes les indications: faim, fatigue, assoupissement, besoin de se mouvoir.


Date de création : 20-04-2003