<- CNRS 3, p. 339-340

CNRS 3, p. 341

Cahiers de Paul Valéry
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Cf. correspondance uniforme

les formes -

L'automatisme tend à s'accroître. Les liaisons possibles réalisées tendent à se modeler sur le type réflexe. L'uniformité tend à régner. Les coordinations tendent à dépendre les unes des autres - les différences à se compenser en se liant entre elles, en formant un tout mû d'un bloc. La conscience tend à se porter plus loin - à voir des systèmes plus compliqués - ou à apprécier des différences plus faibles.

Elle use toujours des mêmes procédés - mais plus longuement et sur des objets déjà traités et élaborés par elle.

Elle apprécie la différence entre elle et son objet - ou entre ses sensations et ses représentations etc.

Pendant un âge de la vie elle prend certains thèmes. Puis d'autres - Puis d'autres - Plusieurs s'arrêtent à tel point. Il y a des choses qui demeurent. Ce qui change, c'est l'automatisme acquis [[ . Aj. sup.: qui augmente ]]. Mémoire, mécanismes construits et acquis - Automatisme et goûts changent.

Ce qui est automatisme à un moment donné -

L'homme semble construire son corps libre à l'image de son corps végétatif.

Le temps est la forme de cette continuelle transformation et le souvenir redonne sous la forme de l'automatisme tout ce qui est venu accidentel, libre, etc. C'est pourquoi il a un sens - le sens non de la causalité - mais de l'excitation.

*

La conscience procède par tâtonnements quand il lui faut opérer une jonction nouvelle.

Rien ne m'apprend directement les mouvements buccaux à faire pour reproduire le son a. J'imite la bouche de l'autre et je parcours les sons ainsi produits jusqu'au son donné.

Mais pour imiter cette bouche je dois la reporter à la mienne. Il faut que cette imitation s'impose?

Localisation du bruit dans la bouche.


Date de création : 20-04-2003