<- CNRS 4, p. 399

CNRS 4, p. 400

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 4, p. 401 Index des Cahiers

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Le « ton » d’un auteur est chose capitale. On voit de suite sur le ton à qui s’adresse-t-il : s’il se figure un auditoire sans réflexion, un peuple, un garçon superficiel qu’il faut éblouir, étourdir, remuer, ou un défiant individu difficile à ouvrir – ou un de ces légers – profonds qui laissent tout dire, accueillent, saisissent, devancent, mais vite annulent tout ce qui fut écrit.

Les nus, dirait-on, ne songent jamais à la réponse silencieuse de leur lecteur. Ils écrivent pour les êtres béants.

…L’homme, le poète qui se livre le plus à l’inconscience, qui y trouve sa vigueur et sa « vérité » compte toujours de plus en plus sur la sottise de son lecteur.

 

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L’homme est devant être dépensé : ou par les autres, ou par soi. Et c’est ce que l’on appelle sa valeur. Et ôtée cette valeur, l’homme n’est rien.

 

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Teste chargé de liens.

Je sais tant de choses – je me doute de tant de connexions que je ne parle plus. Je ne pense même plus, pressentant dès que l’idée se lève qu’un immense système s’ébranle, qu’un énorme labeur se demande, que je n’irai point jusqu’où je sais qu’il faudrait aller. Cela me fatigue en germe. Je n’aurai pas le courage d’entrer dans le détail de cet éclair qui illumine instantanément des années.


Date de création : 20-04-2003