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Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 4, p. 400 Index des Cahiers

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Il ouvre la porte, me regarde. Il croit n’être pas ressenti, n’avoir fait de bruit que pour lui-même, et que je demeure seul dans mon livre.

Mais moi je le sens là, je me tiens et me laisse surveiller. Mais c’est moi qui l’observe et mon dos immobile ne le quitte pas…( ibid. IV, 157)

 

*

 

Fruits ennemis.

L’arbre souffre des bruits si lourds qu’il ne peut retenir : il les perd ou il se brise. Va-t-il gémir qu’il y a deux arbres en lui ?

 

*

 

Profiter de l’accident heureux. L’écrivain véritable abandonne son idée au profit d’une autre qui lui apparaît en cherchant les mots de la voulue, par les mots mêmes. Il se trouve devenu plus puissant, même plus profond par ce jeu de mots imprévu – mais dont il voit instantanément la valeur = ce qu’un lecteur en tirera : c’est son mérite.

Et il passe pour profond et créateur – n’ayant été que critique et chasseur foudroyant. C’est de même à la guerre, à la bourse.


Date de création : 20-04-2003