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Cahiers de Paul Valéry
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Le cyclone peut raser une ville mais pas même décacheter une lettre, dénouer ce nœud de fil.

 

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Ce qu’on apprend, à lire les vrais écrivains, c’est des libertés. On reçoit le langage anonyme et moyen. On le rend voulu et unique.

A lire les mauvais, on sent qu’il faut se gêner.

 

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Il n’est pas de plus efficace, ne de mode plus beau de guerre que de se faire semblable à l’adversaire, tellement que l’on puisse le dépasser dans sa propre nature, être plus lui que lui, et plus près que lui de son propre modèle.

Puis, il suffira d’anéantir cette effigie : et de vaincre en redevenant soi-même. ( ibid. IV, 159)

 

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Chaque auteur contient quelque chose que je n’eusse jamais voulu écrire. Et moi-même. ( ibid. IV, 159)

 

 

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Crois, ou je te tue éternellement. ( ibid. IV, 164)


Date de création : 20-04-2003