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Cahiers de Paul Valéry
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Je trouve curieuse cette idée de la religion = qu’une faute commise enlève le bénéfice de la pureté antérieure – comme si le mérite de « l’âme » avait subi une « transformation irréversible ». Et que le repentir et les formes obligatoires effacent, au contraire, tout un passé détestable, ce n’est pas moins étonnant.

D’où tirer la puissance de tel jour d’une vie sur les autres jours ? Celui qui est hors du temps, pourquoi donne-t-il cette prééminence, pur le mal ou le bien, au plus récent sur le plus éloigné ?

..De ces deux mortels l’un est sauvé l’autre damné – Mais la vie de l’un est identique à celle de l’autre, prise en sens contraire.

 

*

 

La littérature est pleine de gens qui ne savent que dire, mais qui sont forts de leur besoin d’écrire.

Qu’arrive-t-il ? On écrit ce qui passe, ce qui ne coûte rien et ne vaut A rien. Mais à ces premiers termes on substitue des mots plus forts, on les charge, on les affine.

Toute la vigueur s’emploie à ces substitutions. On arrive à de singulières « beautés ».

Il faudrait que le système de ces substitutions soit ordonné.(ibid. IV, 128)


Date de création : 20-04-2003