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Cahiers de Paul Valéry
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            Ecrire c’est prévoir. (Œ, II, 625)

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O X ! tu prévois un lecteur qui ne me fait nulle envie ! (Œ, II, 630)

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Tout l’homme est en raccourci dans l’impatience. Il est l’être bizarre qui se démène pour faire la pluie tomber. Il veut qu’elle vienne, et donc l’imagine. Mais à chaque image s’oppose la sèche réalité. Moins elle tombe, plus il l’imagine et plus il l’imagine, plus il ressent qu’elle ne tombe, plus il est divisé. Alors se met il à “faire passer le temps”. Le voilà qui marche et contre marche, invective le vrai, cherche des causes, délire et se rencontre insensé ; se gronde, remonte à l’origine de son agitation, y trouve un réel besoin de la pluie, un sage désir – un bon texte pour s’approuver, pour recommencer son cercle qui part d’une bonne raison passe par une précision dont il est difficile de se défendre, se poursuit par l’antagonisme des deux images très nettes qui ne se répondent pas...

L’agitation se décuple. La fatigue retourne à la déesse Raison, l’invoque, ramène à la Mesure, à l’adaptation juste, mais la dépasse et se reproduit. (ibid. IV, 10 ; Œ ? II, 623)

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Date de création : 20-04-2003