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Cahiers de Paul Valéry
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Vivent les sots ! qui me forcent à changer mes vues ; et me montrant en eux coexister leurs niaiseries et mes idées, me fouettent, me chassent d’elles.

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La littérature du XVIIème est toujours adaptée à une compagnie. Elle n’est pas de l’homme seul. Vois sa syntaxe. On ne prend pas ces tours pour se parler. (ibid., III, 895 ; Œ, II, 634)

En tous genres l’homme forts est celui qui sent le mieux que rien n’est donné, qu’il faut tout construire tout acheter. Le plus fort est celui qui perçoit le plus de la résistance de… Regarde un dessin un beau. (ibid., III, 908)

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Pour moi, mélange d’impatience et de résignation, les défaites ne comptent guère – pas longtemps – Et les victoires, - pas du tout. (ibid., III, 500)

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Tout l’homme est le merveilleux instrument de quoi ? – de circonstances niaises ou quelconques de tendances si élémentaires qu’elles en sont bêtes.

Quelle machine ! pour produire et maintenir cette vie ! de sorte qu’il faut l’approfondir sans regarder autre chose que son mécanisme. (ibid., III, 506)

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La défaite me désole – mais la victoire me supprime.


Date de création : 20-04-2003