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Cahiers de Paul Valéry
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Si quelque chose me manque, ce manque se comble à moitié par une image. C’est le « désir » image de la moitié d’une image.

Ce manque est naturel ou factice selon qu’il commence indistinctement dans ma chair ou précisément dans tels nerfs.(ibid., III, 486)

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Ensemble.

Autrui, ma caricature, mon modèle, les deux.

Autrui que j’immole justement dans le silence ; que je brûle sous le nez de mon – Ame !

Et Moi ! que je déchire, et que je nourris de sa propre substance toujours re-mâchée, seul aliment pour qu’il s’accroisse.

Autrui que j’aime faible, que fort j’adore et bois – je te préfère intelligent et passif… à moins que, rareté, et jusqu’à ce que, peut-être – un autre même paraisse – une réponse précise..

En attendant, qu’importe le reste ! (ibid., III, 486 ; Œ, II, 41-42)

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La fatigue de l’attentif est une sorte de liberté que prend le reste de l’être comme l’oiseau qui fit semblant de marcher devant moi et de consentir à mon terrain, découvre tout à coup le chemin de l’air et me fait évanouir de son regard par le retour de toute sa nature.


Date de création : 20-04-2003