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CNRS 4, p. 366

Cahiers de Paul Valéry
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La littérature, aussi, se meut entre le réalisme et le nominalisme – entre la croyance à la description exacte, à la création d’objets par les mots – et le libre jeu de mots. Jamais contact plus étroit que lorsque Zola et Banville vivaient à deux quarts d’heure l’un de l’autre.

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Dans toute société paraît un homme préposé aux Choses Vagues. Il les distille, les ordonne, les pare de règlements, de méthodes, d’initiations, pompes, symboles, mètres, exercices « spirituels » - jusqu’à leur donner l’aspect de lois primordiales – C’est le prêtre, le mage, le poète, le maître des cérémonies intimes – encore le démagogue ou le héros. Ils construisent de nuées [au-dessus : vapeurs] des édifices qui ne sont pas solides mais en revanche qui sont éternels. Toute attaque les dissipe, mais nulle ne les détruit. ( ibid. III, 470 ; Œ, II, 619)

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Pour moi, c’est un scandale et presque une inconvenance de voir que le drame, le roman, la critique, ayant fait connaître un auteur, la gloire littéraire le mène à gouverner la chose publique. qu’un écrit balance une politique, cela me choque, comme si un roi de théâtre faisait tomber de véritables têtes. ( ibid. III, 494)

                                                                                                                       


Date de création : 20-04-2003