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CNRS 4, p. 362

Cahiers de Paul Valéry
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On ne fait œuvreA pure et rigoureuse avec le langage que par l’artifice de suppressions, de définitions nouvelles, secrètes, de spécifications qui forment un nouveau langage dans l’ancien.

Le style est un langage (homogène, complet, ordonné) dans un langage (donné et donc désordonné – par rapport à moi).

Je ne me sers pas, moi individu, de tout le langage donné. Et plus je suis moi – moins je le puis.

L’art résulte du désordre du langage général désordre nécessaire et statistique             (auquel je puis offrir un langage). (ibid. III, 447)

*

Le langage est étourdi – oublieux. Les significations successives d’un mot s’ignorent. Elles dérivent par des associations sans mémoire et la 3ème ignore la 1ère.

A. Rat. : quelque chose(ibid. III, 448)

                                                          *            

L’éternelle erreur des critiques (entre autres) est parfaitement la même que celle des auteurs (qui chez ces derniers est peut-être nécessaire).

C’est de croire qu’un écrit enfante ou restitue un objet alors qu’il ne peut que le rappeler plus ou moins uniformément, univoquement.

Ce point est de la plus grande conséquence – On voit cette erreur très grosse chez les philosophes qui ont longtemps confondu leurs systèmes de notations et conventions d’écriture – avec le monde ! Toute la métaphysique est un abus de ce genre. On y dirait qu’un système a le pouvoir de bouleverser les choses ! – Mais si on regarde ces moyens comme tels – et ces écrits non comme Mondes mais comme – allusions alors, tout va bien ! (ibid. III, 448)

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àParadoxe ß

L’homme n’a qu’un moyen de donner de l’unité à un ouvrage : l’interrompre et revenir. (ibid. III, 448)


Date de création : 20-04-2003