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CNRS 4, p. 351

Cahiers de Paul Valéry
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Le présent est l’origine du temps son centre. Le moi est le centre de l’espace. C’est-à-dire que tout le temps est réciproque d’une perception – et tout l’espace réciproque d’un non espace.

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  Le rêve n’est ni faux ni vrai.

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  (Qu’est-ce qui n’est pas fonction ?)

 

  H est signe de tendresse

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  Le Un , l’Un

 

 

  Réaction -= sensibilité x excitation.

  Je ne m’abandonne jamais. Je ne le puis. Trace définitive, peut-être, d’un souci maternel – toujours présent jadis et ressenti par moi. Tous les sentiments modifiés en moi par ce non-abandon. Pas d’ivresse que brève et vite inquiétée. Sur toute chose je crains de m’engager. Il arrive alors que si quelque impression trop forte me veut à tout prix, il faut qu’elle soit vaincue et je la fuis physiquement par évanouissement. Je nous détruis ensemble.

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Soit l’état intellectuel. Si je l’écris A = B, l’état sentiment sera A<B ou A>B. Non conservation.

  Le « sentiment » s’exprimera toujours par des inégalités.

 

  Le cerveau c’est-à-dire la netteté ne peut se former ne peut contenir certaines impressions – ne peut les compenser exactement. A n’est pas compensé par B.

(Cycles dans ces cas – Idée, décharge, retour, nouveau refus).

  Comment cela ? comment ce cerveau est-il débordé ? et ceci de façon intermittente, non régulière, individuelle ?

  Quelque chose est touché à travers le cerveau, à travers l’idée, dans un plus profond domaine – Mais le cerveau est le domaine de l’uniformité, du net, de l’adapté. Hors de lui tout est abstraire – et pas d’adaptation une – d’où trouble caractéristique du sentiment – et la perception reflète le trouble, le non exact. Par exemple on ne perçoit pas que tel sentiment est contenu dans telles limites, qu’il passera, qu’il pèse tant, qu’il n’est pas lié nécessairement à son objet.

 

  Sentiments descendants, centrifuges, ainsi : colère part du cerveau et va aux moteurs ; « cerveau » c’est-à-dire une unité nette psychique.

  Décharge par invasion générale.

  Insuffisance de compensation mentale.

  Qu’une pensée, un objet un Un, ne puisse être contenu, maintenu, soutenu, dans le cerveau c’est-à-dire compensé par une autre idée mais doive dominer, régner, brouiller.

On perçoit au contraire que quelque chose malgré ce qu’on voit, malgré ce qu’on sait, malgré ce qu’on tend à répondre ---

  Le confus et le net se servent des mêmes mots.

  Toujours latéral – sinon si regardable en face, variations. Rien de net ne subsiste.





Date de création : 20-04-2003