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CNRS 4, p. 350

Cahiers de Paul Valéry
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Mémoire, à la fois condition et matière du travail mental.

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Le fait mental est comme l’articulation du fait émotif.

Il m’arrive de voir un objet insolite – et avant toute explication – je sens ou je sais qu’il y a quelque chose et que ce quelque chose (par exemple) ne doit pas motiver de réaction.

Puis vient l’articulation c’est-à-dire décomposition et recomposition en fonctions (en groupes).

Dans la surprise paralysante – la parole et le mouvement sont également figés – L’uniformité manque.

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Sentiment, sentir, jouir, souffrir par une idée. Le par est la difficulté.

 

Le sentiment ne se réfère réellement ni à un objet déterminé (présent ou passé) ni aux circonstances vues ambiantes – quoiqu’il se produise souvent à l’occasion de tel objet etc.

Et souvent l’idée de l’objet provoque le sentiment plus que sa vue même.

Comme si, l’objet étant présenté, quelque autre personnage savait et réagissait et ne me transmettait que le résultat de son examen pour que j’obéisse. Le sentiment est le résultat d’une transaction qui vous échappe. Domination de l’absurde.

Peut-être ce qu’on appelle sentiment n’est que l’interprétation par figures et souvenirs, de sensations internes.

C’est parce que cette pensée ou cette vue gêne ma respiration, trouble mes esprits que je l’appelle sentiment.

Et aussi telle pensée trouble la pensée – ou l’excite.





Date de création : 20-04-2003