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CNRS 4, p. 345

Cahiers de Paul Valéry
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Dans « spectacle horrible » horrible ne se rapporte pas à spectacle mais à moi. On imagine quelqu’un qui voit et qui a horreur – mais on ne voit rien. C’est de la musique.

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L’homme tend à ne penser que des pensées utilisables (selon telles conventions qu’il s’est faites). C’est pourquoi on rejette en avançant en âge les pensées enfantines – c’est-à-dire telles quelles – et le littérateur celles qui ne sont pas scriptibles. Et il faudra un effort pour revenir à l’état d’égalité quant aux pensées. L’inégalisation progressive étant la règle dans l’ensemble et dans le détail, (au point qu’une phase quelconque de l’individu est notable par l’inégalité des pensées qu’elle détermine ou qui la détermine).

Dans le rêve il y a égalité d’intensité ou d’apparition mais l’habitude d’inégalité subsiste – d’où bizarrerie.

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Il n’y a pas d’adaptation sans sensation (concomitante ou liée).

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Si je déplace brusquement l’œil de A vers B – il y a un temps pour passer de l’adaptation de A à celle de B. Ce temps est distinct du temps de rotation (ou de substitution).

Le temps est peut-être en général (en tant que perception-) la perception du travail d’adaptation soit maintenue soit transformée.

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L’attente est la conservation de la puissance relative à un acte déterminé. Mais cette conservation est elle-même un véritable acte. L’attente est donc l’acte de ne pas laisser faire précisément tel acte.





Date de création : 20-04-2003