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CNRS 4, p. 341

Cahiers de Paul Valéry
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Une théorie scientifique se mesure à sa fécondité – à sa suggestion – Mais une « philosophie », c’est à son degré de précision qu’il faut la juger.

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Ecrire selon des lois, c’est-à-dire en ressentant et faisant ressortir la manœuvre mentale.

On ne peut écrire comme on pense, à moins que déjà on ne pense comme l’on écrirait.

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L’homme c’est-à-dire telles et telles choses qui se conservent – se répètent. C’est cela le devant être saisi – le « physique » de l’homme – sa physique.

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Le fond des idées vagues sur « l’esprit », « l’âme » etc. etc. c’est l’indépendance entre la connaissance et son objet. Indépendance vivement sentie dans certains cas singuliers – et par laquelle nous nous pouvons apparaître à nous-mêmes comme moindres que nous-mêmes, partie de nous-mêmes – et ainsi comparables à un ensemble infini. Ma connaissance semble n’avoir pas besoin de moi. Elle est d’apparence impersonnelle. Pour moi, il n’y a pas de moi. Et je pense moi comme je pense toi.

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Les systèmes complets, élémentaires ou composés – que le fonctionnement de l’homme parcourt, implique, remplit, épuise – doivent se rattacher aux conditions physico-chimiques LIMITEES dans lesquelles la vie est possible. Ces conditions sont de deux sortes, les unes instantanées – T, P etc. les autres ordonnées ou par évolution nécessaire. -

Entre des limites le monde extérieur est réciproquement contenu quant au vivant. Il paraît au vivant, limité. Le vivant est ce qui se fait un « monde extérieur » qui est l’ensemble des conditions desquelles il se sépare pour être. Lorsque ces conditions sont réalisées, il peut s’en isoler, donc être. Se distinguer de ses constituants.

Et il en est de même pour la conscience. Changement et conservation à la fois nécessaires. -





Date de création : 20-04-2003