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CNRS 4, p. 336

Cahiers de Paul Valéry
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L’homme est incapable de transformer son sentiment actuel en le portant à l’état où il sera après un an, dix ans etc.

La variation de ce sentiment par le temps ne peut être directement modifiée.

 

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Musique. Représentation du mouvement par le stationnaire. Ce qui accompagne toujours le mouvement est mouvement. Musique et mémoire. Leur analogie.

Il y a un système complet de sons. Elle utilise les désordres d’un ordre donné.

 

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Marcia – Elle donne des relations entre les sentiments, tendances, motif de marcher du marcheur, et puis le schème identique, stationnaire, des réflexes coordonnées moteur de la marche. Cet ensemble donne à son tour l’impression du déplacement mais limité.

Substitution à la volonté d’excitations auditives. Escamotage. La musique, production de réflexes – se substitue aux motifs, aux demandes. Elle est vide par essence. Donne des lois sans objets. Elle commande des adaptations, des accommodations a priori sans cause lucide, en commandant comme par un poison les fonctions et les contraignant à chercher un objet inexistant et à la déterminer malgré le vrai.

Elle commande, de l’extérieur, un système fermé qui se découvre lui-même par elle. (Ce système excité par elle peut s’en désintéresser en route et le dépasser. On cause – on perd le fil.) Effet d’interruption, ou de fin du morceau.

Substitut d’un extérieur . Organisation des excitations. N’exprime rien mais nous place en l’état où il faudrait exprimer. Crée le besoin d’exprimer ou d’agir.

Ensemble des lois selon lesquelles se succèdent nos expressions. Elle est l’expression des expressions. C’est un art inverse.





Date de création : 20-04-2003