<- CNRS 4, p. 314

CNRS 4, p. 315

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 4, p. 316 Index des Cahiers




$

 

La fillette fait des gestes et des manœuvres singulières. Mais c’est qu’elle se regarde d’autre part dans une glace, là.

 

*

 

La lecture demande une collaboration étroite et constante du lecteur. Elle est fortement ou bientôt elle n’est plus.

L’audition de la musique s’impose, et si l’inattention sert de refuge, on ne peut se retirer que partiellement de l’audition, à moins d’un effort physique non infiniment petit.

 

*

 

La douleur, signe débordant sa signification. Gêne positive. Violence à moi faite. Demande sans issue. Bête et sans forme.

 

*

 

Le tout de l’homme, mon être tout entier, n’est que l’inconstance des parties.

 

*

 

Le monde vraiment « extérieur » demeure sans réponse. Je ne trouve rien à répondre à ce Sirius, à cet arbre. Rien ou poésie, arbitraires compensations.

 

*

 

De même qu’une roche sous tel angle montre un profil de César (à qui connaît ce profil) de même les événements – spectacle de l’ensemble de tant de mouvements indépendants – montrent parfois une telle coïncidence ou séquence que l’on dirait qu’ils sont dus à un dessein et à une action humaine. Et l’on considère divine cette apparence humaine dans un domaine surhumain de complexité.





Date de création : 20-04-2003