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CNRS 4, p. 313

Cahiers de Paul Valéry
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L’intervention n’est pas en puissance.

Mémoire – est en puissance.

 

Si on pouvait passer du rêve à la veille comme on passe de l’aspect (1) d’un corps à ses aspects (2), (3) etc. – et sans traverser une frontière et sans pertes passer du rêve à sa considération éveillée de sorte que le rêve subsiste intact tandis que sa réalité s’évanouirait par la simple entrée en scène du plus riche et plus entièrement relié seigneur – quelle fortune que de manier ce cliché – avoir gardé ce carton sauvage, revenu à l’état sauvage – de l’être !

 

*

 

Rien n’excite à parler plus que le silence. Alors, s’il n’y a personne, on dit des mots sans signification. S’il y a un témoin on prend le « premier prétexte venu » comme un wagon. Ce témoin joue le rôle d’une condition de plus imposée au discours.

Mais devant témoin, le discours doit avoir un sens. Et ce sens résulte – d’un silence qui oppresse – d’un quidam présent – d’un accident quelconque.

Qu’est le moi dans son silence- ? Et que se passe-t-il quand je ne pense à rien ?

Si je me suis interdit tels sujets – telles digressions – Si je me suis appris à ne pas répondre à telles idées.





Date de création : 20-04-2003