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CNRS 4, p. 312

Cahiers de Paul Valéry
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Le « tout ou rien » m’étrangle, me soulève, me prosterne comme aux mains d’une brute. J’abandonne la partie, je défie toute chose – je m’écarte des travaux, j’envisage la suprématie. Enfin je succombe, privé du tout, furieux du rien – toujours divisé.

 

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Apprendre la géométrie c’est apprendre à penser en géomètre de telle sorte qu’un problème soit dès lors réduit à ne dépendre que du temps – ou du rangement – de la logique – rotation – exploration de ce qui est parfaitement en puissance

..C’est apprendre à « rouler » un problème dans son esprit à tourner et retourner.

 

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Qu’est-ce qui permet à un événement étranger ou idée fortuite de jouer un rôle parfois capital dans le sort d’une autre idée – par exemple de, restant dans une pensée tandis qu’elle agite l’idée A, servir comme de modèle à la force à employer pour traiter ou exprimer A, à la diversité, à la finesse etc. Soit B cette idée secondaire.

Rien de nécessaire dans cette présence, dont A n’a nul besoin. Ainsi je pense à …. Rapports commerciaux. Latéralement je pense musique puissante )) et n’avouant pas ce côté, je me sers de sa présence et de ses relations pour conditionner mon discours économique sans même le faire soupçonner par des mots musicaux. D’où ma pensée apparente s’enrichit – se détermine.

Au fond il n’y a pas de pensée pure – réellement isolée. Le génie est l’utilisation de ces impuretés.





Date de création : 20-04-2003